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01 DROIT PÉNAL

Droit pénal de la propriété intellectuelle

Le cabinet défend les entreprises, créateurs et titulaires de droits confrontés aux atteintes pénales à la propriété intellectuelle. Contrefaçon de marques, violation de brevets, piratage, vol de secrets d'affaires ou recel d'œuvres d'art : chaque dossier nécessite une double compétence en droit pénal et en propriété intellectuelle.

Ce que recouvre le pénal de la propriété intellectuelle

Le droit pénal de la propriété intellectuelle sanctionne les atteintes aux droits de propriété industrielle (marques, brevets, dessins et modèles) et aux droits d'auteur. La contrefaçon constitue l'infraction centrale : elle couvre la reproduction, l'imitation ou l'utilisation non autorisée d'un droit protégé. S'y ajoutent le vol de secrets d'affaires, la violation du secret de fabrique, le recel d'œuvres d'art volées et les infractions liées à l'exportation illicite de biens culturels.

Approche du cabinet

Le cabinet intervient tant pour les titulaires de droits que pour les personnes mises en cause. Côté titulaire : préparation de la saisie-contrefaçon, dépôt de plainte avec constitution de partie civile, coordination avec les douanes et les services de police spécialisés, suivi de l'enquête et représentation devant le tribunal correctionnel. Côté défense : contestation de la validité du droit invoqué, démonstration de l'absence de contrefaçon ou de l'absence d'élément intentionnel, négociation d'un accord transactionnel.

Enjeux spécifiques

Le choix entre la voie civile et la voie pénale est un enjeu stratégique majeur. La voie pénale donne accès aux moyens d'enquête de la police judiciaire : perquisitions, saisies, auditions, réquisitions téléphoniques. Elle permet d'obtenir la confiscation et la destruction des produits contrefaisants. En revanche, elle exige la preuve de l'élément intentionnel, ce qui n'est pas toujours aisé. Le cabinet aide ses clients à déterminer la voie la plus adaptée à chaque situation.

Infractions traitées

Questions pratiques

La contrefaçon est le fait de reproduire, imiter ou utiliser sans autorisation un droit de propriété intellectuelle protégé : marque, brevet, dessin ou modèle, œuvre protégée par le droit d'auteur. En matière de marques, elle est définie aux articles L716-9 à L716-11 du Code de la propriété intellectuelle. En matière de brevets, aux articles L615-14 et suivants.

Sur le plan pénal, la contrefaçon de marques est punie de 3 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende. Les peines sont portées à 5 ans et 500 000 euros lorsque les faits sont commis en bande organisée, lorsque les produits contrefaisants sont dangereux pour la santé ou la sécurité, ou lorsque les faits sont commis par voie de communication en ligne.

L'élément intentionnel est requis : le poursuivant doit démontrer que le contrefacteur avait connaissance du droit protégé et a délibérément porté atteinte à ce droit. Cette exigence ouvre des axes de défense : bonne foi du mis en cause, ignorance légitime de l'existence du droit, épuisement des droits, usage licite à titre descriptif.

L'action civile en contrefaçon vise à obtenir la cessation de l'atteinte au droit et l'indemnisation du préjudice subi par le titulaire. Elle est portée devant le tribunal judiciaire (chambres spécialisées) et ne nécessite pas la preuve de l'intention frauduleuse. La seule atteinte objective au droit suffit.

L'action pénale permet d'obtenir la condamnation du contrefacteur à des peines d'emprisonnement et d'amende, ainsi que la confiscation et la destruction des produits contrefaisants et des instruments ayant servi à les fabriquer. La voie pénale donne accès aux moyens d'enquête de la police judiciaire : perquisitions, saisies, auditions, réquisitions. Ces moyens sont souvent déterminants pour identifier les réseaux de contrefaçon organisée.

Le choix entre les deux voies dépend de la nature des faits, de l'ampleur de la contrefaçon et des objectifs du titulaire du droit. La voie pénale est privilégiée en cas de contrefaçon à grande échelle, de réseau organisé ou lorsque les moyens d'enquête judiciaire sont nécessaires pour identifier les responsables. La voie civile est préférée pour une cessation rapide et une indemnisation du préjudice.

Le secret des affaires est protégé par la loi du 30 juillet 2018, transposant la directive européenne 2016/943. Constitue un secret des affaires toute information qui n'est pas généralement connue, qui revêt une valeur commerciale parce qu'elle est secrète et qui fait l'objet de mesures de protection raisonnables de la part de son détenteur. Formules, procédés techniques, fichiers clients, stratégies commerciales peuvent constituer des secrets d'affaires.

L'obtention, l'utilisation ou la divulgation illicite d'un secret des affaires peut donner lieu à une action civile en responsabilité. Sur le plan pénal, les faits peuvent être qualifiés différemment selon les circonstances : vol si un support physique est soustrait, abus de confiance si l'information a été confiée dans un cadre contractuel, violation du secret de fabrique (article L621-1 du Code de la propriété intellectuelle, puni de 2 ans et 30 000 euros) ou atteinte aux systèmes de traitement automatisé de données.

La défense dans ces dossiers implique de vérifier que l'information répond bien aux critères du secret des affaires : était-elle réellement secrète ? Des mesures de protection adéquates avaient-elles été mises en place ? L'accès à l'information était-il licite ? Le cabinet analyse ces éléments pour construire la stratégie de défense la plus adaptée.

La saisie-contrefaçon est une mesure probatoire prévue par le Code de la propriété intellectuelle. Elle est ordonnée par le président du tribunal judiciaire sur requête du titulaire du droit, sans que la partie adverse en soit informée (procédure non contradictoire). Elle permet de faire constater par un huissier de justice la matérialité de la contrefaçon sur les lieux mêmes de fabrication ou de commercialisation.

L'huissier peut procéder à la description détaillée des produits suspects, à la saisie d'échantillons, à la prise de photographies et à la saisie de documents comptables permettant d'évaluer l'ampleur de la contrefaçon. La saisie-contrefaçon est un outil particulièrement efficace car elle intervient par surprise, empêchant la disparition des preuves.

La saisie-contrefaçon doit être suivie d'une assignation au fond dans un délai de 20 jours ouvrables ou 31 jours civils. À défaut, la saisie est nulle de plein droit. La personne visée peut contester la saisie en référé, notamment si le commissaire de justice a dépassé les limites de l'ordonnance ou si le droit invoqué est manifestement nul.

Le recel d'œuvres d'art est régi par les articles 321-1 et suivants du Code pénal. Il consiste à détenir, dissimuler, transmettre ou servir d'intermédiaire pour transmettre une œuvre d'art provenant d'un crime ou d'un délit (vol, escroquerie, abus de confiance, pillage archéologique). La peine encourue est de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende.

Le recel est une infraction continue : la détention de l'œuvre fait courir la prescription tant qu'elle se poursuit. Un acheteur de bonne foi peut se retrouver poursuivi pour recel si les circonstances de l'acquisition auraient dû éveiller ses soupçons : prix anormalement bas, absence de provenance documentée, vendeur non identifié.

Les œuvres d'art sont également soumises à des réglementations spécifiques sur l'exportation des biens culturels. L'exportation sans certificat d'un bien culturel classé trésor national est punie de 2 ans d'emprisonnement et d'une amende pouvant atteindre le double de la valeur du bien. Le cabinet intervient dans ces dossiers qui mêlent droit pénal, droit du patrimoine et droit international.

Oui. Les douanes disposent d'un pouvoir de retenue des marchandises suspectées de contrefaçon, tant à l'importation qu'à l'exportation ou en transit. Ce pouvoir est exercé soit sur demande du titulaire du droit (demande d'intervention en douane), soit d'office lorsque la contrefaçon est manifeste. La retenue est notée au titulaire du droit et à l'importateur.

Le titulaire du droit dispose de 10 jours ouvrables (3 jours pour les denrées périssables) pour engager une action en justice. À défaut, les marchandises sont libérées. Lorsque la contrefaçon est confirmée, les marchandises sont confisquées et détruites. L'importateur s'expose à des poursuites pénales et douanières.

La défense de l'importateur peut porter sur la contestation du caractère contrefaisant des marchandises, la bonne foi dans l'approvisionnement, l'erreur sur la qualification douanière ou le respect des règles de l'épuisement des droits. Le cabinet assiste les entreprises et particuliers confrontés à une retenue douanière et assure leur défense tant devant les juridictions civiles que pénales.