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02 DROIT FISCAL

Régularisation fiscale

Accompagnement dans les démarches de régularisation fiscale volontaire : comptes bancaires étrangers non déclarés, crypto-actifs, revenus omis, avec pour objectif la réduction des pénalités et la maîtrise du risque pénal.

La détention de comptes bancaires à l'étranger sans déclaration à l'administration fiscale française expose le contribuable à des sanctions considérables : amendes forfaitaires, majorations pouvant atteindre 80 % des droits éludés, extension du délai de reprise à dix ans, et risque de poursuites pénales pour fraude fiscale. Depuis la fermeture du STDR en 2017, la régularisation reste possible mais s'effectue dans un cadre moins formalisé qui requiert une expertise technique et une stratégie adaptée.

L'essor des crypto-actifs a créé de nouvelles obligations déclaratives souvent méconnues des contribuables. L'article 1649 bis C du CGI impose la déclaration annuelle des comptes d'actifs numériques détenus sur des plateformes étrangères (formulaire 3916-bis). Les plus-values de cession sont imposables dès le premier euro. L'absence de déclaration peut entraîner les mêmes sanctions que pour les comptes bancaires traditionnels non déclarés.

Le cabinet structure chaque régularisation de manière à maximiser la réduction des pénalités et à neutraliser le risque pénal. L'analyse porte sur la prescription applicable, la qualification des manquements, les conventions fiscales en jeu et la possibilité de bénéficier de circonstances atténuantes. Chaque dossier fait l'objet d'un chiffrage précis du coût de la régularisation avant l'engagement de la procédure.

Questions fréquentes

Oui. La fermeture du STDR (Service de traitement des déclarations rectificatives) en 2017 n'a pas mis fin à la possibilité de régulariser. Le contribuable peut toujours déposer des déclarations rectificatives auprès de son service des impôts compétent, accompagnées du paiement des droits, intérêts de retard et pénalités.

La démarche volontaire reste un facteur atténuant dans l'appréciation des pénalités par l'administration. En pratique, le contribuable qui régularise spontanément obtient généralement des pénalités réduites par rapport à celles appliquées en cas de contrôle subi, où la majoration pour manquement délibéré (40 %) ou manoeuvres frauduleuses (80 %) s'applique de plein droit.

L'article 1649 A du CGI impose à tout résident fiscal français de déclarer chaque année, au moyen du formulaire 3916, l'ensemble des comptes bancaires ouverts, utilisés ou clos à l'étranger. Cette obligation vise les comptes courants, comptes d'épargne, comptes titres, contrats d'assurance-vie et tout autre compte financier, y compris les comptes sur lesquels le contribuable dispose d'une procuration.

Depuis 2020, l'article 1649 bis C du CGI étend cette obligation aux comptes d'actifs numériques détenus sur des plateformes établies à l'étranger (formulaire 3916-bis). L'amende pour défaut de déclaration est de 1 500 euros par compte et par année, portée à 10 000 euros lorsque le compte est situé dans un Etat ou territoire n'ayant pas conclu de convention d'assistance administrative avec la France.

Les sanctions sont cumulatives et peuvent atteindre des montants considérables. L'amende forfaitaire s'élève à 1 500 euros par compte et par année non déclarée (10 000 euros pour les comptes dans des Etats non coopératifs). Les droits d'impôt éludés sont assortis d'une majoration de 40 % pour manquement délibéré, portée à 80 % en cas de manoeuvres frauduleuses ou d'activité occulte.

Le délai de reprise de l'administration est étendu à dix ans (au lieu de trois ans) pour les avoirs détenus à l'étranger non déclarés. Dans les cas les plus graves, des poursuites pour fraude fiscale peuvent être engagées, avec des peines pouvant aller jusqu'à 3 millions d'euros d'amende et 7 ans d'emprisonnement (5 millions et 7 ans en cas de circonstances aggravantes). La régularisation volontaire permet de réduire significativement ces risques.

La régularisation se déroule en plusieurs étapes. L'avocat procède d'abord à un audit complet de la situation : identification de tous les comptes et actifs non déclarés, collecte des relevés bancaires, reconstitution des revenus omis sur les années non prescrites, et chiffrage du coût total de la régularisation (droits, intérêts de retard, pénalités, amendes).

Une fois le chiffrage validé par le client, les déclarations rectificatives sont déposées auprès du service des impôts compétent, accompagnées d'une lettre explicative et du paiement spontané des sommes dues. L'avocat négocie ensuite avec l'administration le montant des pénalités, en faisant valoir le caractère spontané de la démarche et les circonstances atténuantes éventuelles. L'objectif est d'obtenir une transaction amiable sur les pénalités tout en sécurisant le contribuable contre le risque pénal.

Oui, à double titre. D'une part, les comptes d'actifs numériques détenus sur des plateformes étrangères (Binance, Kraken, Coinbase, etc.) doivent être déclarés annuellement au moyen du formulaire 3916-bis, sous peine d'une amende de 750 euros par compte non déclaré (125 euros pour les comptes d'une valeur inférieure à 50 000 euros).

D'autre part, les plus-values réalisées lors de la cession de crypto-actifs contre de la monnaie ayant cours légal ou contre un bien autre que des actifs numériques sont imposables. Le régime de droit commun est le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux). Le contribuable peut opter pour l'imposition au barème progressif si cela lui est plus favorable. Les échanges crypto-contre-crypto ne constituent pas un fait générateur d'imposition.

La régularisation spontanée ne constitue pas juridiquement un fait justificatif ou une cause d'extinction de l'action publique. Le délit de fraude fiscale est constitué dès lors que les éléments matériel et intentionnel sont réunis, et le paiement ultérieur des droits n'efface pas rétroactivement l'infraction.

En pratique toutefois, la démarche volontaire de régularisation constitue un facteur déterminant dans la décision de l'administration de transmettre ou non le dossier au parquet. Les dossiers de contribuables ayant spontanément régularisé leur situation ne font en principe pas l'objet de poursuites pénales. L'avocat structure la régularisation de manière à documenter le caractère volontaire et complet de la démarche, ce qui constitue la meilleure protection contre le risque pénal.